Ralph Steadman

Né en 1936

Vit et travaille à Londres (GB)

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Ralph Steadman est né en 1936 à Wallasey, à quelques kilomètres de Liverpool. L’un de ses premiers souvenirs est de se voir caché des frappes aériennes de la Deuxième Guerre Mondiale, sa mère alors, tricotait. Avant la fin de la guerre, sa famille est partie aux pays de Galles, où elle a fini par s’établir dans la ville d’Abergele. Ralph a fréquenté l’Abergele Grammar School où, terrorisé par le directeur qui enfermait les garçons, il a développé l’idée selon laquelle « l’autorité est le masque de la violence ». 

 

En grandissant, l’un des passe-temps favoris de Ralph était la fabrication de maquettes d’avions. En sortant de l’école il se ruait à la maison, terminait ses devoirs avant de se plonger dans sa passion. Cette éthique du travail accompli lui est restée jusqu’à plus tard, lorsqu’il a entamé sa collaboration avec Hunter S. Thompson, entrainer des difficultés sans fins avec son grand ami transatlantique ; Ralph avait déjà terminé ses dessins qu’Hunter n’avait pas écrit un mot.

La fabrication de maquettes d’avions a également conduit Ralph vers son premier job à l’Havilland Aircraft Factory. Il y était opérateur radar. C’est là-bas qu’il a appris les rudiments techniques du dessin, et acquis des compétences dont il se servira plus tard dans ses œuvres. Il quitte cependant Havilland après quelques mois, incapable de supporter la monotonie de la vie manufacturière.

Après avoir accompli son service militaire en 1954, période pendant laquelle il prend également des cours par correspondance à la Percy V. Bradshaw Press Art School, il déménage à Londres et entame sa carrière d’illustrateur. Ayant l’occasion de rencontrer Percy V. Bradshaw en personne, il se permet de lui dire qu’il a trouvé certain des cours un peu dépassés. Bradshaw lui répond alors tranquillement que « les principes du dessin resteront toujours les mêmes, mon garçon ». 

Sa première illustration est publiée dans le Manchester Evening Chronicle en 1956.

En 1959, frustré par ses propres limites, il entre au East Ham Technical College afin d’apprendre la « discipline du dessin ». C’est là qu’il rencontre son mentor, Leslie Richardson. En 1960, Ralph publie pour la première fois dans le magazine Punch où il progresse jusqu’à être responsable de la réalisation de la couverture. En 1961, encouragé par Richardson, il entre au London College of Printing. C’est à cette période qu’il commence à trouver trop restrictives les demandes de caricatures des magazines.

 

« Caricaturer n’est pas juste faire un petit dessin et mettre une légende dessous. C’est autre chose, c’est un moyen d’expression, un moyen de protestation, c’est une manière de dire quelque chose qui ne peut pas s’exprimer avec des mots. »

 

En 1961, il écrit au rédacteur en chef du nouvellement créé Private Eye et commence à explorer plus loin, dans un style plus provocateur, avec un trait influencé par des dessinateurs tels que George Grosz et John Heartfield. Pendant les années 1960, il illustre plusieurs livres pour enfants comme Fly Away Peter (1964), The Big Squirrel and the Little Rhinoceros (1965), The False Flamingos (1967) et The Jelly Book (1967), qu’il a également écrit.  Son travail apparait régulièrement dans les magazines New Society, Radio Times, Town, New Musical Express et dans le Daily Telegraph.

 

En 1967, il commence à réaliser sa version illustrée d’Alice au Pays des Merveilles qui obtiendra le Frances Williams Award en 1972. Steadman se réapproprie les illustrations classiques de Tenniel et les adapte aux années 1960 en transformant le lapin blanc en un banlieusard toujours en retard au travail, le chapelier fou en leader syndical et la chenille en un sosie de John Lennon enseveli sous une épaisse fumée. 

 

La grande rupture intervient en 1970. Avec son premier livre publié sous le bras, un recueil de dessins intitulé Still Life With Raspberry, il décolle pour les États-Unis et part couvrir le Kentucky Derby (une course hippique) pour le Scanlan’s Monthly. Il veut y rencontrer un certain Hunter S. Thompson. Décrit comme « un Hell’s Angel qui s’est rasé la tête », Steadman parcourt l’hippodrome et ses alentours à la recherche de Hunter S. Thompson, le journaliste franc-tireur. La légende dit qu’il leur a fallu trois jours pour se trouver. Ralph rappelle souvent que lors de leur rencontre, la première phrase d’Hunter fut « Eh bien, ils ont dit que tu étais bizarre, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point ! ». 

 

Ensemble, Ralph et Hunter vont développer le « Gonzo Journalism », un type de journalisme pour lequel on ne couvre pas simplement une histoire mais où on la devient. Commence alors une longue collaboration entre les deux hommes dont est notamment issu l’iconique « Fear and Loathing in Las Vegas » publié ensuite sous forme de livre et adapté au cinéma sous le titre Las Vegas Parano par Terry Gilliam mais qui a d’abord pris la forme d’une série publiée dans le magazine Rolling Stone. 

Avec Rolling Stone, Steadman collaborera également longtemps.

 

 

Entre ses projets avec Hunter et ses nombreux travaux pour Rolling Stone, Steadman continue de publier ses livres allant d’une biographie (saluée et reconnue) de Sigmund Freud à des livres pour enfants.

 

En 1987, Steadman est approché par Gordon Kerr, d’Oddbins (importateur important de vins et spiritueux en Grande-Bretagne), qui lui propose de voyager dans les vignobles du monde entier afin de produire des œuvres pour illustrer leurs catalogues. Entre 1987 et 2000, Ralph a publié des centaines de dessins dont plusieurs ont obtenu des prix : « The Grapes of Ralph », « Untrodden Grapes » ou encore « Still Life with Bottle », son livre sur le whisky. 

 

Ralph a toujours cherché à diversifier ses activités, produisant des décors scéniques pour un ballet, travaillant pour le théâtre ou pour des éco-opéra.

 

Plus récemment, il a illustré trois livres à propos d’espèces d’oiseaux et d’animaux en extinction avec le réalisateur « gonzovationnsite » Ceri Levy. Steadman a pour cela produit une centaine d’illustrations d’oiseaux qui ont été exposées côte à côte dans une seule pièce, des jumelles étant prêtées aux visiteurs pour observer les dessins. Suite à ce projet de « Gonzovation » (conservation Gonzo), Ralph a été contacté par Vince Gillian qui lui a demandé de créer une œuvre pour la sortie d’un coffret spécial de sa série à succès Breaking Bad. Steadman a réalisé le portrait des sept personnages principaux qui figurent sur le coffret.

 

En 2012, un film à propos de sa vie, de son travail et de l’influence qui en résulte est présenté au Toronto Film Festival. Appelé « For No Good Reason » il est porté par Johnny Depp et sera acclamé par la critique. 

 

Aujourd’hui, Ralph Steadman dessine et crée toujours. Il travaille régulièrement pour le New Statesman, The Independant et le New York Observer. Il développe également ses propres projets et reste comme un créateur intrépide, précurseur, inspirant, par son état d’esprit autant que par son univers, de nombreux artistes.

biographie officielle www.ralphsteadman.com